Koh Yao Noi en famille : l'île où l'on ne fait rien (et c'est magnifique)
À 30 minutes de speedboat de Phuket, il existe une île où les gens vivent dehors, où les buffles paissent dans les rizières, où l'hôtelière vous offre le scooter du dernier jour — et où il n'y a, volontairement, presque rien à faire. On y a passé 4 jours en famille. Voici le récit honnête, avec tous les prix, les bonnes adresses… et ce que Koh Yao Noi n'est pas.
Au programme
- Y aller : Bang Rong Pier → Manoh Pier (et les singes en attendant)
- Notre villa : l'hôtel qui ne paie pas de mine (et la patronne en or)
- L'île en scooter : rizières, buffles et calaos
- Plages, restos les pieds dans le sable et Pradu Seafood (depuis 1984)
- La cascade (à 20 mètres de la route)
- La magie de la marée basse : langue de sable et arbres dans la mer
- Le marché du mercredi soir : seuls touristes du village
- Le paragraphe honnête : ce que Koh Yao Noi n'est pas
- Le budget réel
- Questions fréquentes
Y aller : Bang Rong Pier → Manoh Pier (et les singes en attendant)
Depuis le nord-est de Phuket, tout part de Bang Rong Pier (on vous racontait déjà ce coin dans notre journée à Phuket en famille). Les départs s'enchaînent environ toutes les heures et demie en saison verte, billets au guichet le jour même : 400 ฿ par adulte, 200 ฿ par enfant (soit ~26 € pour nous trois). Le speedboat met moins d'une heure, souvent 30-40 minutes.
Et l'attente fait partie du voyage : depuis les pontons, on a observé une bande de petits singes dans la mangrove, et juste en face de l'embarcadère, le petit café Molly sert des shakes aux fruits frais sans sucre ajouté — mangue, passion, pastèque, un délice. Notre rituel d'embarquement est né là.
À l'arrivée à Manoh Pier — le grand port de Koh Yao Noi, avec sa statue —, des pick-ups partagés attendent : 300 ฿ la course (~8 €) jusqu'à l'hôtel, à partager avec d'autres voyageurs. Des tuk-tuks existent aussi, et les prix se négocient.
Notre villa : l'hôtel qui ne paie pas de mine (et la patronne en or)
Depuis la route, l'entrée du Laguna Villa ne paie vraiment pas de mine. Et puis on passe le hall, et là : une immense piscine centrale (plus de 2 mètres de profondeur par endroits, avec des zones où les enfants ont pied), un jacuzzi, une bouée flamant rose format famille — trois adultes tiennent dessus, testé —, une dizaine de villas seulement… et les calaos qui passent au-dessus de la piscine. Face à la mer, une petite route à traverser (un passage piéton, peu de passage, mais on tient la main), une pelouse, et la plage.
Notre villa (la 06, demandez-la : la mieux placée, vue piscine et mer) était une vraie petite maison : grandes portes centrales pour isoler la chambre, cuisine équipée (frigo, micro-ondes, machine à expresso), salon, transats, lit immense + lit enfant, double vasque… et la merveille : une douche extérieure au milieu des plantes. Prendre sa douche sous les palmes pendant que les calaos chantent, ça ne s'oublie pas.
Mais ce qui nous a conquis, ce sont les gens. La piscine n'a pas d'horaires : on s'est baignés à minuit, discrètement, sans que personne n'y trouve à redire. Une cuisinière parle français et fait des pancakes mémorables ; le petit-déjeuner est à la carte, modifiable à volonté, servi à l'assiette. Un soir au restaurant, une employée a voulu offrir un cadeau à notre fille — elle n'a pas trouvé ce qu'elle cherchait dans son tiroir, alors elle lui a composé une petite corbeille de papiers pliés et de fleurs. Et le dernier jour, quand j'ai eu besoin de filer retirer de l'argent, la patronne nous a offert le scooter, essence comprise. On rentre dans ce genre d'endroit client, on en repart ami.
Nous avions réservé 3 nuits sur Booking à 137 € la nuit. Pour prolonger d'une 4e nuit, nous avons demandé directement à la patronne : 5 000 ฿ (~130 €) — moins cher, sans commission, et tout va dans la poche de ceux qui le méritent. En Thaïlande, prolonger en direct est presque toujours gagnant : demandez, tout simplement.
Côté restaurant de l'hôtel, on a tout testé en mode tapas : satés, spring rolls frais, soupe coco, poulet aux noix de cajou, petites boulettes… et LA découverte familiale : la Mango Green Salad demandée sans piment — un régal que même notre fille de 6 ans dévorait.
L'île en scooter : rizières, buffles et calaos
Le scooter se loue à l'hôtel : 350 ฿ la journée (~9 €), sans négocier. Et voilà la vérité qui résume l'île : le tour complet se fait en 40 minutes. Alors on l'a fait trois fois le premier jour, en s'arrêtant partout — parce que tout est là, dans les arrêts.
En juillet, c'est la saison des plantations de riz : des carrés de pousses vert fluo devant les maisons, des rizières inondées qui reflètent le ciel, et des buffles d'eau qui paissent au milieu. C'est la vraie campagne — les gens vivent dehors, tout le monde salue, on se croirait dans la Thaïlande d'il y a vingt ans, à 30 minutes de Phuket. Hallucinant.
Et puis il y a eux : les calaos (« kakalaos », comme dit notre fille), ces grands oiseaux au double bec spectaculaire, emblèmes de l'île. On les voit voler, on les entend chanter, on les observe se gaver de figues dans les arbres. L'île les protège : des nichoirs sont installés un peu partout pour qu'ils se multiplient. Levez la tête, ils sont là.
Pour les familles de 4 ou 5 : des side-cars se louent aussi — sûrement moins maniable qu'un scooter sur les routes étroites, mais tout le monde monte à bord. Et il y a toujours le pick-up-taxi pour les trajets ponctuels.
Plages, restos les pieds dans le sable et Pradu Seafood (depuis 1984)
À 5-10 minutes à pied de l'hôtel, une plage magnifique avec vue sur les îlots de Koh Hong, et des petits restos littéralement les pieds dans le sable — notre premier dîner sur l'île, en tapas, les orteils dans le sable tiède. Sur la plage d'en face, un petit bar sert bières, sodas et shakes autour de 80 ฿.
Et puis il y a l'institution : au village de pêcheurs sur pilotis, Pradu Seafood, « est. 1984 » — quarante ans que la même famille grille du poisson. Le demi-poisson grillé à ~300 ฿, servi sous une montagne de salade de papaye : simple, parfait, inoubliable.
Pour l'eau, les encas et l'apéro : direction le 7-Eleven ou le Lotus's du village plutôt que les vendeurs de plage — mêmes produits, prix locaux. Sur une semaine, la différence se compte en centaines de bahts.
La cascade (à 20 mètres de la route)
Près de Pasai, on gare le scooter, on marche 20 mètres sur la gauche — en enjambant un gros tuyau, c'est le chemin officiel 😄 — et on tombe sur une petite cascade sauvage qui dévale de belles roches noires dans la jungle. Honnêtement : très chouette à voir et à photographier, mais l'eau était marron-vert en saison des pluies — on n'a pas eu envie de s'y baigner. Un joli quart d'heure, pas une demi-journée.
La magie de la marée basse : langue de sable et arbres dans la mer
Voilà les deux plus beaux moments de notre séjour, et les deux fonctionnent sur le même carburant : la marée basse.
La langue de sable de Koh Yao Yai
Depuis Manoh Pier, un long-tail nous a emmenés pour 500 ฿ (nous trois, aller-retour) sur la fameuse langue de sable en face, côté Koh Yao Yai — une flèche de sable blanc qui n'existe qu'à marée basse, la mer des deux côtés, qu'on remonte à pied jusqu'au bout. On y était au coucher du soleil : les empreintes de pas dans le sable mouillé, les palmiers en contre-jour, notre fille qui court devant… La photo de couverture de cet article, c'est là.
L'île en face, accessible à pied
Autre spectacle, côté nord de Koh Yao Noi, vers la plage du Six Senses : à marée basse (vers 17h-17h30 lors de notre séjour), un banc de sable émerge et relie la plage à l'îlot d'en face — on y va à pied sec, entre des arbres plantés au milieu de la mer. Surréaliste.
Comment on a su où et quand y aller ? On a demandé à notre propre générateur d'itinéraire : c'est lui qui nous a conseillé la langue de sable ET l'heure de la marée basse. Et voici le conseil de terrain qu'aucun blog ne donne : n'y allez pas dès le début de la marée basse. Attendez une petite heure que le sable sèche — les couleurs sont plus belles, on ne s'enfonce pas, et les photos rendent dix fois mieux. Vérifiez toujours les horaires de marée du jour, et gardez un œil sur la remontée. Testez l'app, c'est gratuit et sans compte →
Le marché du mercredi soir : seuls touristes du village
Chaque mercredi soir, au bout de Manoh Pier, le marché s'installe sous les palmiers (un autre marché se tient aussi en journée). Nous étions les seuls touristes — et c'est un des meilleurs souvenirs du séjour. Au menu de notre festin : des pains blancs vapeur farcis à la viande, des petites ravioles en brochettes, des saucisses grillées façon hot-dog sauce piquante ou ketchup, et le mango sticky rice à 25 ฿, servi à emporter avec sa petite fourchette et son lait de coco à part.
Pendant ce temps, notre fille sautait sur le trampoline à 20 ฿ le quart d'heure à côté du manège gonflable, au milieu des enfants thaïlandais — la plus belle occasion de rencontres du séjour, et des petits achats aux prix où les Thaïlandais achètent.
Ici, tout se réserve en toute simplicité : un message WhatsApp avec votre nom, votre hôtel, le nombre de personnes — on vous renvoie le billet en photo, le pick-up est inclus, et au port tout le monde est déjà au courant. Et retenez ceci, qui nous a été gentiment expliqué par notre hôtelière : quand un Thaïlandais vous dit qu'il s'occupe de votre réservation, c'est réservé — on ne demande jamais ailleurs « au cas où ». La parole donnée est un engagement des deux côtés. Simple, humain, et ça marche.
Le paragraphe honnête : ce que Koh Yao Noi n'est pas
On vous doit la vérité complète, parce que c'est comme ça qu'on choisit bien sa destination.
Koh Yao Noi n'est pas les Maldives. En saison verte (juillet-août), l'eau depuis les plages de l'île n'est pas turquoise-cristalline : il y a du sable en suspension, des zones de marais, une visibilité réduite. Si votre rêve, c'est de mettre un masque et voir des poissons à vingt mètres — depuis l'île, à cette saison, c'est mort : il faut partir en excursion en bateau (et là, promis, la magie opère — on vous raconte tout dans le prochain article).
Les plages sauvages ne sont pas toutes propres. Hors des plages d'hôtels, la pollution plastique est une réalité — des déchets portés par les courants, venus de loin et de moins loin. Un matin, nous avons rempli deux sacs sur une plage ; le lendemain, il y en avait autant. Ça n'enlève rien à la beauté de l'île, mais vous devez le savoir.
Et il n'y a « rien à faire » — c'est le concept. Pas de programme, pas d'attractions à enchaîner : un scooter, s'arrêter où c'est beau, manger, la piscine, recommencer. Madame, qui préfère les décors de carte postale, est restée sur sa faim côté « paradisiaque » ; monsieur, lui, a trouvé exactement la campagne authentique et la paix qu'il cherchait. Tout dépend de ce que vous cherchez. Pour décompresser 2-3 jours en début de voyage ou avant le retour : jamais raté, absolument à faire. Pour cocher des activités : passez votre chemin.
Le budget réel (2 adultes + 1 enfant de 6 ans)
| Speedboat Bang Rong → Manoh Pier (aller) | 400 ฿/adulte · 200 ฿/enfant |
| Pick-up partagé port → hôtel | 300 ฿ (~8 €) |
| Villa avec piscine, vue mer (Booking) | 137 € / nuit |
| La même, 4e nuit négociée en direct | 5 000 ฿ (~130 €) |
| Scooter à la journée (essence en sus) | 350 ฿ (~9 €) |
| Demi-poisson grillé chez Pradu Seafood | ~300 ฿ |
| Long-tail privé pour la langue de sable (A/R, 3 pers.) | 500 ฿ (~13 €) |
| Mango sticky rice au marché | 25 ฿ |
| Trampoline du marché (le bonheur d'une enfant) | 20 ฿ |
Questions fréquentes
Comment aller à Koh Yao Noi depuis Phuket ?
Speedboat depuis Bang Rong Pier jusqu'à Manoh Pier : 30 à 60 min, 400 ฿/adulte, 200 ฿/enfant, billets au guichet le jour même en basse saison. À l'arrivée, pick-ups partagés (~300 ฿) et tuk-tuks. Depuis Krabi, des liaisons existent aussi (Tha Len, Ao Nang).
Combien de jours rester ?
2 à 4 jours : le tour de l'île se fait en 40 minutes de scooter, on vient pour ralentir. Parfait en sas de décompression, à l'arrivée ou juste avant le retour.
Peut-on faire du snorkeling depuis les plages ?
En saison verte, non — l'eau n'est pas claire depuis l'île. Pour les poissons et les eaux turquoise, partez en excursion en long-tail dans la baie de Phang Nga (très abordable en privé depuis l'île — article dédié à venir).
C'est adapté avec des enfants ?
Très : peu de circulation, des gens d'une gentillesse rare, side-cars pour les familles de 4-5, piscines, calaos à observer, trampoline au marché du mercredi. Notre fille de 6 ans en parle encore.
La suite : l'excursion qui change tout
Vous vous souvenez du « pour les eaux turquoise, il faut prendre le bateau » ? On l'a fait : un long-tail privé à 2 000 ฿ pour nous trois, réservé au village de pêcheurs, cap sur Koh Hong et les îles de la baie de Phang Nga — lever du jour, point de vue à 360°, singes voleurs de pastèque et poissons Némo. On vous raconte tout, prix par prix, dans le prochain article.
Et votre prochaine pépite, elle est où ?
La langue de sable et l'heure exacte de la marée basse, c'est notre générateur d'itinéraire qui nous les a soufflées. Dites-lui où vous êtes et ce que vous aimez : il vous rend une carte interactive, qui marche même hors-ligne — précieux sur une île. Gratuit, sans compte.
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